Récit du Super Guerrier Geoffroy
Une belle aventure en relais sans vraiment se voir...C'était le résumé du maratrail en relais effectué par Sandra et moi hier, les "Super Guerrier".
Deux semaines après la fin des france de cross et le stage auvergnat rando-trail-raquettes ensemble, nous pensions avoir de bonnes armes pour faire un beau classement au marathon des Forts du Périgord. Forts de notre victoire en cross relais mixte sur le prestigieux site de Gujan-Mestras il y a 4 mois (avec peu de participants et sur 6 km, certes...).
Au menu : 16,6 km avec 364 D+ pour la runneuse de l'AC St Palais sur Mer et 25,8 km avec 583 D+ pour le runner du CA pictave...Un examen du parcours et de nos temps habituels, mais aussi du classement dans cette catégorie l'année d'avant (2ème relais mixte en 3h42 en 2016), nous permet de nourrir un léger espoir de podium...D'après les prédictions (important pour la suite), la runneuse part à 9h30 et nous nous donnons rdv à 11h25-11h30 car celle-ci estime son arrivée en 1h55-2h. De mon côté, j'envisage 1h45 étant donné le dénivelé et la longueur du trail (1h46 sur une telle distance à Couhé-Vayrac). Ainsi, nous pensons faire autour des 3h45, un bel objectif !!).
Top départ : la runneuse commence par 8,2 km avec un non-négligeable 285 D+ (Excideuil-St Raphaël). Elle est néanmoins ralentie, comme beaucoup de coureurs, par des bouchons de monotrace qui immobilise les "fourmis", avec un temps perdu de 8 mn !!! Elle arrive à St-Raphaël, au point culminant de sa course, sans le maillot à pois rouge, mais avec une belle 25ème position sur 41 relais mixtes (1h03 mais 55 mn en temps effectif sans le bouchon, soit 9 km/h, donc costaud pour un tel dénivelé). Je suis là pour l'attendre à la fin de cette portion rouge. Elles tape dans ma main et comme elle a judicieusement étudiée le parcours, la saint-palaisienne ou cavaleuse des descentes, sort les ailerons... Son 1er km de descente flambe en 5'08'' (11,7 km/h). Entre St-Raphaël et Tourtoirac (partie jaune), elle va donc fuser et regagner des places, boostée par l'envie de transmettre le relais à l'heure...Elle va ainsi faire une moyenne de 5'43'' dans cette partie jaune de 8,4 km en 48 mn (10,5 km/h). Tellement qu'elle est en avance sur ce qu'elle avait ditavait dit, arrivant en 1h51 !!!  11h21, c'est son heure d'arrivée au relais.
Le passage du relais à Tourtoirac : De mon côté, j'ai pour mission de transporter des passagers de la sympathique équipe saint-palaisienne de St-Raphaël à Tourtoirac, mais je perds du temps voiture pour me garer, en lien avec une mauvaise organisation, car il y a des bouchons de voitures et très peu de places disponibles. J'arrive à 11h21 pour me garer à 300m du point de relais (Sandra arrive au point de relais au même moment mais je ne le sais pas !!!). Plus le temps de m'échauffer, je le sais bien. Frustré mais tant pis. Tout juste le temps d'enfiler le dossard, de pisser derrière le buisson, je vais tout de suite gagner mon poste...à l'heure. Et bien non, il est 11h26. Aïe...Sandra m'interpelle, cela fait 5 mn qu'elle est là !! mais il y a tellement de monde que je ne l'entendais pas !! Désastre !!! Elle est un peu en colère, je lui suis contre moi au carré, mais aussi, contre le problème de parking relais qui était vraiment pas au top grrrr !!!
Résumé de ce relais : elle me tend la torche pour traverser le tunnel de 700m, je lui tends la clé de la voiture : très formel comme des ouvriers, sans se parler...
Je pars donc pour 25,8 km sur cette totale incompréhension. La première partie (portion verte), c'est directe une grosse ascension et c'est super sympa sans échauffement !! Mon GPS ne marche même pas, je ne peux donc pas checker mes 15 km/h envisagés. OK. C'est à l'issue de cette partie de 285 D+ et de 9,8 km que j'arriverai enfin à digérer cet échec de transition et à me calmer envers moi-même. C'est précisément dans la pénible mais ô combien stimulante côte menant à Hautefort (partie verte) que je me réveille... Cette côte est très longue mais je me ravis à garder la course tonique en sentant les grimpes des puys auvergnats et les cross dans les pattes. Bien j'arrive en 38-39 mn à bout de ces 9,8 km, en 15-15,5 km/h, je suis reboosté à ce moment-là.
Go pour la partie bleue de 15,8 km, Hautefort-Excideuil avec environ 300D+. Cette partie est plus facile que la précédente donc je lâche les animaux, d'abord les rennes. Une descente terrible à fond, tout d'abord, pour descendre des contreforts d'Hautefort. Les autres runneurs sont ravis d'entendre ma foulée de descendeur à pas d'éléphant plantigrade (éléphant disent les proches, plantigrade dit la podologue !!). L'un d'eux me le fait remarquer, mais je passe mon chemin, car les maux sont partis et les mots me reviennent... Une longue montée s'enchaîne et je sens la précision de la pose podale requise dans les chemins où l'on doit sélectionner la meilleur trace pour esquiver la flaque, la boue et les coureurs.
Arrivé au col (km 4,5), je retape sur une descente de bitume...beurk !!! Mais la chance est revenue, car en bas de cette grosse descente (voir km 7,5 sur la portion bleue), un concurrent communique avec moi dans l'entraide, en voyant mon côté lièvre outre l'éléphant. Pas si loin d'une fable, puisqu'il me dit : "ah..j'attendais quelqu'un pour courir, je vais t'accrocher" me dit-il. Je lui rétorque "Cool" et ajoute "je fais du 15" et il me dit "moi aussi je fais du 15". En fait, comme mon GPS marche pas, j'en sais rien du tout, si je fais du 15 km/h !!! Après 500 m, mon coéquipier de voyage renonce : "tu vas trop vite" et je lui réponds et conclue cette fable par un : "désolé mon GPS marche pas". Du coup, je me dis : "oh c'est pas 15 km/h que je fais aujourd'hui". Une nouvelle montée s'enchaîne, mais je suis déterminé désormais à récupérer les 5 mn perdues que ma gazelle avait précieusement gagné !!! A la suite de cela, 700 m dans un tunnel avec des gros cailloux, la proprioception est de mise, mais y'a un côté montagne kiffant donc je mets les bouchées doubles. Les 4 derniers km sont une grande lignes droite et me permettent d'exprimer toute la vitesse travaillée en cross.
C'est enfin l'arrivée, il y a écrit 13h02 sur ma montre. J'ai donc mis 1h36 sur 25,8 km, pour une moyenne de 16 km/h pile-poil (3'45'' au km) alors que j'avais estimé 1h45, soit 15 km/h. Par déduction, cela fait 57 mn sur mon dernier relais soit 16,5 km/h environ 3'38'' au km et je me ravis au moins de cela !!!
A l'arrivée, ma coéquipière de choc n'est pas là, car moi aussi je ne suis pas du tout à l'heure. Le temps qu'elle arrive à cette fin de parcours, en tant que bonne conductrice de coureurs d'autres équipes de St-Palais, je cherche le classement bien sûr pour ne pas regretter les 5 mn. Temps que j'ai perdu au relais, mais que j'ai tenté de cavaler en arrivant 10 mn avant mon temps estimé. Nous sommes 5ème sur 41 en duo mixte et 18ème sur 117 en duo tout genre compris. Pas mal ce top 5 !!! Si on enlève les 5 mn "bidon" perdues au relais, cela fait 3h27 et on aurait été 4ème...!!! Ouf, moins de culpabilité, car on a pas raté le podium à cause de ça, lol !!! Et si on enlève les 8 mn de "bouchon" perdues dans le parcours de Sandra, on aurait 3h19, beau chrono pour un marathon en trail et on s'en ravit officieusement !!! Avec ce chrono, on aurait même eu la 3ème place...Pas grave, on s'est bien éclaté, même si on ne s'est pas vu et pas parlé...Et comme on parle d'animaux aujourd'hui, je conclurai que dans de telles conditions, c'est un vrai travail de fourmi, pas le temps de discuter....Mais de courir et de se transmettre des outils... Formidable !!!