03/07/2016
 
 Résultats du 75 km - 4800 m de D+
       69ème/230 partants  Valéry BERNARD    26ème M1M   14:13:04
 
     

Ayant pris du plaisir sur la Venasque (44 km et 2800m D+) l'année dernière, je me suis aligné sur la route 3404 du Luchon Aneto Trail cette année.

Au programme : des paysages sublimes, un temps chaud et sec et toutes les bonnes difficultés et sensations des ultra-trails à fort dénivelé avec 3 ascensions au-dessus de 2500 m.

Départ à 5h à la frontale dans la brume de l'aube, au son d'ACDC. Après une courte nuit forcément agitée, ça réveille. C'est toujours jubilatoire d'assister au cortège de lumières qui serpente les premières montées. Je pars très sage en franchissant la ligne de départ complètement à l'arrière du peloton parmi les 10 derniers, en me coinçcant ainsi volontairement dans les premiers monotraces pour éviter un surrégime précoce et dangereux derrière les avions et les gourmands. Je 

me lâche un peu plus la bride avant l'arrivée au ravitaillement du km15 et dans la première montée vers Venasque à 2500m. Le sentier descendant en Espagne est splendide, aride et sauvage. Au second ravitaillement, il commence à faire chaud et je m'abreuve fortement car c'est 20 km en autonomie qui s'annoncent. La montée vers le pic de Mulléres (3050m) est très technique dans les pierriers et s'assimile parfois à de l'escalade sur d'énormes rochers granitiques. Le point d'orgue est une montée vertigineuse sur la neige en continu entre 2600 et 2900m puis l'ivresse enfantine d'une audacieuse et fulgurante descente en luge sur les fesses par le même chemin. Retour au ravito de la Besurta. Je ne mange toujours 

pas. La soif accapare toutes mes envies et en fait je mange liquide et dilué, car j'ai vu plusieurs coureurs vomir à  vouloir se charger trop lourdement l'estomac. Tant pis, on finira sur les réserves judicieusement accumulées pendant la semaine... La troisième grosse montée à 2500m est physiquement la plus éprouvante car la plus raide et sur un versant plein sud après déjà 45 km et 10 heures d'efforts. A petits pas poussifs, sous un soleil de plomb, le petit groupe solidaire auquel je me suis joins arrive en haut de la ligne de crêtes et là je m'ébroue et je découvre avec bonheur que j'ai encore les jambes pour relancer sur le dernier semi en descente vers Luchon. Je dévale et je m'arrête à peine pour recharger un bidon au dernier ravito de l'Hospice de France, avide de croquer dans le premier tronçon. La lucidité est là et je trouve les appuis juste dans la caillasse. Mon runkeeper que j'ai lancé pour me tenir compagnie m'annonce des segments à 10-12 km/h et j'avale les deux dernières côtes positives avec enthousiasme. Luchon apparait enfin au son des cloches, des acclamations et de la sono tonitruante et j'ai l'énorme surprise et satisfaction d'arriver classé à ce rang-là, dans le premier tiers, parmi une grosse majorité de trailers de montagne aguerris. Je suis cramé mais heureux...etsoulagé d'être arrivé avant la nuit. A ce jour, la plus belle course de ma vie, que ce soit par les paysages traversés, la technicité du parcours, la logistique et l'accueil déployés par les bénévoles du LAT, et le sentiment d'avoir maîtrisé ma course, en remontant régulièrement au classement. Le pied absolu ! (bon, à pondérer bien sûr par les quatre jours de courbatures hors normes qui ont suivi...).

Epreuve à inscrire sur vos tablettes des accomplissements à réaliser un jour dans votre vie, ou au moins les 44km !!!

Bizzzz, à bientôt,

Valéry.